À l’occasion de la Semaine bleue, l’EHPAD Maison Louise Seitz a ouvert ses portes aux élèves de l’école élémentaire Jules-Ferry pour une plongée dans l’univers de Jean Grossier. Une rencontre intergénérationnelle où le patrimoine vosgien s’est raconté avec humour, en patois et surtout grâce à ceux qui le font vivre encore aujourd’hui : les résidents.
Chaque matin, une classe, accompagnée de son instituteur, a été accueillie par l’animatrice, vêtue du costume traditionnel vosgien, aux côtés de François Legay et d’une dizaine de résidents. Pour donner le ton, quelques mots en patois résonnent : « Éco vo dondé ! » Les sourires s’installent, la curiosité est éveillée, la visite peut commencer.
Devant les caricatures de Jean Grossier, les élèves reconnaissent notamment Camille Lievaux. « C’est le monsieur qui est dessiné sur le mur du gymnase ! », s’exclament-ils. Une belle occasion de relier les dessins aux personnages qu’ils croisent dans leur quotidien et de découvrir l’histoire qui se cache derrière ces visages familiers. Mais à quoi reconnaît-on un Gérômois selon Jean Grossier ? À sa hotte, son lard et son fameux brancvin ! Les anecdotes sur les Gérômois et les Bressauds déclenchent les rires.
Puis vient le temps de découvrir les costumes traditionnels : robe, chemise, gilet en peau de vache, bonnet et sabots. La fameuse culotte fendue suscite, elle aussi, son lot d’étonnement ! Ici, les résidents ne sont pas de simples spectateurs : ce sont eux qui racontent, expliquent et transmettent. « C’est mon costume folklorique », précise Mme Fauchon, résidente de l’établissement, en présentant sa tenue. Les souvenirs se partagent, les questions fusent et les enfants écoutent avec attention. Le patrimoine prend alors un tout autre relief : il ne se lit pas seulement sur les panneaux, il se raconte à travers des expériences vécues.
Une courte vidéo consacrée à la vie de Jean Grossier complète la visite, avant que Claude Grosjean, bénévole de l’EHPAD, n’emmène les élèves sur les chemins des légendes locales. L’animatrice leur explique notamment pourquoi un Gérômois ne quittait jamais sa maison sans sa hotte sur le dos.
Avant de repartir, les enfants sont invités à revenir avec leurs parents pour leur faire découvrir l’exposition à leur tour. Et parfois, une phrase suffit à mesurer la réussite d’une rencontre. Au détour d’un couloir, cette confidence spontanée d’un élève : « En vrai, c’était bien ! » Une jolie récompense pour les résidents, heureux de transmettre leurs souvenirs et leur culture. Car les traditions vosgiennes restent bien vivantes lorsqu’elles passent d’une génération à l’autre, dans le plaisir de raconter et celui d’écouter.
MKR